IA et fraude dans le streaming musical : un homme plaide coupable Un Nord-Carolinien plaide coupable d’avoir détourné des millions via des morceaux générés par IA et des bots gonflant les écoutes.
La musique générée par IA a une face criminelle: Michael Smith, 52 ans, originaire de Caroline du Nord, a plaidé coupable le 20 mars d’avoir détourné des millions de dollars de royalties en inondant les plateformes de streaming avec des morceaux créés par intelligence artificielle.
Les faits de l'affaire
Selon les autorités, Smith a utilisé des systèmes d’IA générative pour produire des milliers de chansons et a promu ces morceaux sur des plateformes grâce à des bots destinés à augmenter artificiellement le nombre d’écoutes, atteignant des milliards.
Dans le cadre d’un accord avec les procureurs fédéraux de New York, il a plaidé coupable de complot en vue de commettre une fraude électronique. Cette affaire figure parmi les premiers dossiers de fraude liés à l’IA à aboutir devant la justice.
« Il a créé des milliers de fausses chansons à l’aide de l’IA, mais les revenus obtenus étaient réels », a déclaré le procureur Jay Clayton dans un communiqué.
Selon les termes de l’accord, Smith risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et jusqu’à 8 millions de dollars de confiscation des gains lors de la sentence finale, prononcée en juillet.
Comment l’IA a été utilisée et l’impact sur les plateformes
Rolling Stone a rapporté en janvier que le prévenu avait utilisé 1 040 comptes pour diffuser environ 636 morceaux générés par IA par jour. L’affaire reflète une tendance plus large consistant à diffuser de la musique générée automatiquement et qui peut menacer les revenus des artistes indépendants et établis.
Des plateformes dédiées à la création de ce type de morceaux, telles que Udio et Suno, font actuellement l’objet d’action en justice aux États‑Unis.
De son côté, Deezer affirme être capable de détecter et d’étiqueter la musique générée par IA, signalant des efforts pour préserver l’intégrité du catalogue et des rémunérations.
Contexte et limites
Ce cas met en lumière les défis techniques et juridiques posés par la musique générée par IA et les mécanismes de monétisation associée. Si les systèmes d’IA permettent de créer rapidement des morceaux potentiellement populaires, les mécanismes de monétisation et les cadres juridiques restent en construction et varient selon les juridictions.
Pour terminer
Cette affaire rappelle que les revenus issus de l’IA ne sont pas automatiquement propres: la différence entre création automatisée et fraude peut être mince et dépend des preuves de manipulation délibérée des écoutes et des revenus.