Piratage : Arcom bloque plus de 15 000 domaines depuis 2022 Bilan Arcom: blocage accru de domaines pirates, avec 15 200 sites bloqués depuis 2022 et 6 500 en 2025, principalement pour le sport et l’IPTV. Le blocage de noms de domaine est devenu un levier central dans la lutte contre le piratage, selon l'Arcom.
Le blocage de noms de domaine est devenu un levier central dans la lutte contre le piratage, selon l'Arcom. Dans son bilan publié en 2025, l'autorité affirme avoir fait bloquer plus de 15 000 sites depuis 2022 à la demande des ayants droit, et elle souligne une progression marquée en 2025, notamment pour les contenus sportifs.
Contexte et chiffres clés
Trois ans après la fusion du CSA et de l'Hadopi, l'Arcom a mis en place un formulaire pour signaler les miroirs à bloquer concernant le streaming illicite de compétitions sportives. Le bilan indique que le blocage des sites sportifs est passé de 772 en 2022 à près de 6 500 domaines bloqués à la demande de l'autorité en 2025.
Au total, l'Arcom revendique près de 15 200 sites bloqués depuis 2022. Cette hausse s'explique par une prise en main accrue des ayants droit et par l'extension du dispositif à de nouveaux intermédiaires et à de nouveaux services.
« Le premier constat, c’est que la lutte contre le piratage, ça fonctionne : depuis que la mission confiée à l’Arcom a été étendue en 2021, elle est devenue à la fois beaucoup plus efficace, mais aussi plus consensuelle »,
Comment ça fonctionne et ce que cela couvre
Le bilan rappelle que, depuis juin 2024, l'Arcom peut solliciter des blocages auprès de fournisseurs de DNS alternatifs, et depuis juin 2025 auprès de VPN commerciaux. Les chiffres publiés pour 2025 indiquent :
- 1 800 moteurs de recherche notifiés
- 5 300 services de DNS alternatifs visés
- près de 600 services de VPN concernés
Une partie du dispositif porte aussi sur les plateformes et les services accessibles via IP et IPTV. Le représentant de l’autorité affirme que, sur les 6 500 notifications en 2025, environ 4 000 concernent des services d’IPTV. L’objectif est d’empêcher l’accès à des contenus piratés, même lorsque ceux-ci évoluent vers de nouveaux intermédiaires.
Contexte et limites
Les chiffres montrent une concentration du dispositif sur le piratage lié aux contenus sportifs. Le bilan indique que le streaming en direct et l’IPTV ne représentent pas l’ensemble du piratage en France : selon Arcom, le streaming et le téléchargement représenteraient 79 % des pratiques illicites, contre 12 % pour le live streaming et l’IPTV. La tendance sur le long terme suggère que le live streaming a connu un léger regain en 2021 sans décoller durablement, et que l’IPTV progresse mais reste marginale.
Des critiques soulignent que l’Arcom s’appuie fortement sur les acteurs du sport et que les résultats pourraient varier selon les usages et les technologies. Par ailleurs, l’autorité a annoncé qu’elle envisageait le blocage du site pornographique xGroovy pour des raisons de contrôle d’âge, une mesure qui suscite un débat sur l’ingérence technique et la protection des mineurs.
Dans les échanges avec l’AFP, Martin Ajdari, président de l’Arcom, a évoqué une diminution de la fréquentation des sites pornos les plus connus chez les mineurs d’environ 40 % entre août et novembre 2025, tout en reconnaissant un phénomène de report vers des plateformes comme xGroovy utilisées malgré l’absence d’adresse postale européenne ou d’actionnariat identifié par l’autorité.
Pour terminer
Le bilan montre une action renforcée contre les contenus piratés, mais il met aussi en évidence les limites et les zones grises. L’évolution des technologies et des usages imposera probablement de nouveaux ajustements dans les années à venir.