UE : la Commission masque les données des datacenters via les lobbys La Commission européenne aurait adopté des amendements protégeant les données des datacenters sous influence des lobbys. Les données des datacenters en Europe sont au cœur d'un débat sur leur impact environnemental et leur transparence.
Les données des datacenters en Europe sont au cœur d'un débat sur leur impact environnemental et leur transparence. En 2024, des acteurs majeurs du numérique ont obtenu que les données de consommation des datacenters dépassant 500 kW ne soient pas publiées par la Commission européenne, révèle Investigate Europe.
Selon l'enquête, une version initiale du texte prévoyait un inventaire public des données des datacenters >500 kW, incluant localisation et indicateurs de performance sur consommation d'énergie, chaleur résiduelle, consommation d'eau et recours aux énergies renouvelables, publié sous forme agrégée.
Lors du processus, la Commission a sollicité les commentaires des parties prenantes, notamment des lobbys Microsoft et DigitalEurope, qui ont proposé des amendements visant à classer ces informations et à restreindre leur divulgation.
Des amendements adoptés quasi mot pour mot
Conformément à l'article 5 du texte final, les informations relatives aux centres de données restent confidencielles et ne doivent pas être rendues publiques. L'article 12 paragraphe 3 prévoit que la base de données européenne sera accessible sous forme agrégée, mais les indicateurs clés de performance et autres informations relatifs aux centres de données individuels demeurent confidentiels.
La Commission et les États membres concernés ont aussi été invités à refuser toute demande d'accès dans des échanges internes, renforçant l'opacité autour de ces données.
« la Commission et les États membres préservent la confidentialité de toutes les informations et de tous les indicateurs clés de performance relatifs aux centres de données individuels »
Des chercheurs, dont Jerzy Jendrośka de l’université d’Opole, estiment que cette clause pourrait violer les principes de transparence de la Convention d’Aarhus, et ne serait pas conforme à ces règles selon leur analyse.
Ce que cela change et quelles questions restent ouvertes
Ce choix législatif rend difficile une évaluation indépendante de l’impact environnemental des datacenters. Les chiffres publiés par les opérateurs restent confinés à des rapports internes et à des données agrégées, limitant l’interprétation publique et la comparaison entre sites.
Pour terminer
Face à ces éléments, le débat sur la transparence des datacenters en Europe se poursuit: jusqu’où l’information publique doit-elle aller pour éclairer les politiques climatiques et énergétiques, sans exposer les intérêts commerciaux des opérateurs ?