Bruxelles alloue 180 M€ de contrats cloud à des acteurs européens La Commission européenne attribue 180 M€ de contrats cloud à des acteurs européens et français, sous le cadre du Cloud Sovereignty Framework.
La Commission européenne a dévoilé le 17 avril les lauréats de l’appel d’offres dynamique lancé en octobre 2025 pour équiper ses bureaux et agences en ressources cloud. L’enveloppe de 180 millions d’euros sur six ans sera distribuée à quatre acteurs ou consortiums, avec plusieurs partenaires français à bord, dans une logique de cloud souveraineté renforcée.
Quatre lauréats et leurs partenaires
Le premier lauréat est Post Telecom via sa filiale cloud DEEP, associée à deux Français, Clever Cloud et OVHcloud. Suit StackIT, la filiale cloud du géant allemand de la distribution Lidl, puis Scaleway (groupe Iliad). Le quatrième lauréat est l’opérateur belge Proximus, qui travaille aussi avec des partenaires hexagonaux : S3NS (coentreprise de Thales et Google Cloud), Mistral AI et la filiale Clarence (codétenue avec LuxConnect), qui opère un cloud déconnecté sur la base de technologies Google.
Bruxelles indique avoir procédé à la sélection en s’appuyant sur le cadre de Cloud Sovereignty Framework, qui cherche à évaluer la souveraineté du cloud autour de questions juridiques, technologiques et opérationnelles, afin de limiter les dépendances à un seul fournisseur.
Intérêt et signaux stratégiques
« La Commission a attribué quatre contrats en parallèle afin de garantir la diversification et la résilience, en évitant une dépendance excessive à l’égard d’un seul fournisseur. Pour être éligibles, les fournisseurs devaient atteindre des niveaux d’assurance rigoureux garantissant que les tiers non membres de l’UE exercent un contrôle limité sur les technologies utilisées », affirme Bruxelles.
Pour les acteurs européens, cette sélection est « la preuve que des organisations européennes peuvent s’organiser, coopérer et proposer des alternatives solides et crédibles », commente Quentin Adam, CEO de Clever Cloud. Du côté d’OVHcloud, Octave Klaba salue la confiance accordée et promet des démonstrations d’alternatives crédibles en Europe.
Contexte, limites et ce que cela change
Cette démarche illustre une volonté de sécuriser les approvisionnements cloud des institutions publiques tout en réduisant les risques liés à une dépendance exclusive vis-à-vis d’un seul fournisseur. Elle montre aussi que l’Europe peut mobiliser des acteurs locaux et régionaux autour d’un socle commun de services cloud.
Cependant, la réalité opérationnelle reste à valider sur le long terme: les appels d’offres et les partenariats ne garantissent pas automatiquement une adoption rapide et homogène des services dans tous les bureaux européens. Les questions autour des coûts, de la conformité et de l’interopérabilité entre clouds européens et services américains demeurent, même avec des clauses de souveraineté renforcées.
Pour terminer
Ce premier volet du programme montre que les acteurs européens peuvent proposer des alternatives crédibles et soutenues par une architecture commune. Le prochain jalon sera l’intégration opérationnelle des services et la vérification des engagements de souveraineté sur la durée du contrat.