Plainte CISPE contre Broadcom VMware : l’UE sous pression Le CISPE dépose une plainte devant la DG Competition de l’UE pour annuler le rachat de VMware par Broadcom, dénonçant des hausses de tarifs et des exclusions à l’accès.
La plainte CISPE contre Broadcom VMware illustre les tensions autour du rachat de VMware par Broadcom et les conséquences possibles en Europe. Le CISPE demande l’annulation du feu vert accordé par la Commission européenne et affirme que les conditions imposées fragilisent la concurrence dans le cloud.
Contexte et griefs du CISPE vis-à-vis de Broadcom et VMware
Le CISPE, réseau regroupant des fournisseurs de services d’infrastructure cloud, a déposé une action devant la DG Competition de l’Union européenne. L’objectif affiché est d’obtenir une révision de la décision de la Commission européenne et de remettre en cause certaines conditions liées au rachat conclu fin 2023 pour plus de 60 milliards de dollars.
Selon l’association, Broadcom a modifié à plusieurs reprises les conditions d’accès aux produits VMware, notamment en annonçant, en janvier, la fin du programme VMware Cloud Service Provider (VCSP) en Europe. Par ailleurs, le CISPE pointe des hausses de prix, des offres groupées et des exigences de paiements anticipés ainsi que des engagements minimaux fondés sur une utilisation potentielle plutôt que réelle, ce qui, selon eux, a augmenté les coûts de manière importante et aurait exclu nombre de CSP européens.
Ce que demande le CISPE et ce que cela implique
Au minimum, le CISPE réclame le rétablissement du programme VCSP pour les fournisseurs européens et la réintroduction du « white label », supprimé par Broadcom en 2025, qui permettait à des PME et à de plus petits fournisseurs de proposer des logiciels VMware. L’association appelle aussi à des protections contre les représailles et à la mise en place d’un système d’amendes pour garantir le respect des termes.
- Retour du VCSP : accès rétabli des CSP européens aux produits VMware via le programme cloud.
- White label : réintroduction pour les petits acteurs et les PME.
- Préventions et sanctions : protections et mécanismes d’amendes pour éviter les représailles et assurer le respect des engagements.
Contexte et actions déjà entreprises
Depuis l’acquisition par Broadcom fin 2023, les conditions d’accès ont été révisées à plusieurs reprises, entraînant des procédures judiciaires pour des acteurs comme AT&T, Orange et Thales. La CNAM a également engagé une action, selon les informations disponibles. D’un autre côté, certains acteurs, comme OVHcloud, affirment avoir obtenu des garanties de prix sur la durée des licences VMware.
Lors du dernier sommet d’OVHcloud en 2025, Octave Klaba évoquait des garanties de prix pour quatre ans sur les licences VMware et soulignait que les entrées restent différenciées selon les segments de clientèle, avec des dynamiques de prix qui varient selon les usages et les périodes.
Contexte, limites et ce qu’on ne sait pas encore
Le dossier demeure complexe: les coûts et les conditions d’accès évoluent, et les mécanismes de tarification soulèvent des questions sur l’accès des CSP européens et sur la compétitivité du marché. Des cas de litiges existent déjà, mais les conséquences à long terme pour le paysage du cloud en Europe restent incertaines et dépendront des décisions de l’UE et des recours éventuels.
Pour terminer
Cette affaire met en lumière les équilibres délicats entre régulation et innovation dans le cloud. Les prochaines étapes juridiques et les réactions des acteurs du secteur détermineront s’il est encore possible de garantir un marché équitable et des coûts prévisibles pour les entreprises européennes.