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Municipales : passer aux logiciels libres, c’est faisable

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Municipales : passer aux logiciels libres, c’est faisable Échirolles montre que passer aux logiciels libres en mairie est faisable: autonomie numérique, économies et meilleure gestion des données, tout en restant vigilant sur les défis métiers.

Le passage aux logiciels libres en mairie est devenu un enjeu concret pour les collectivités qui veulent affirmer leur souveraineté numérique. À l’approche des municipales de 2026, l’exemple d’Échirolles, ville proche de Grenoble, illustre une transformation progressive mais tangible, guidée par une volonté d’autonomie et de maîtrise des outils informatiques.

Échirolles, laboratoire d’une politique libre et structurée

Depuis 2021, la ville mise sur une stratégie numérique orientée open source. Initialement, le service informatique n’avait pas de culture forte autour du logiciel libre, mais une réorganisation et une vision opérationnelle se sont imposées peu à peu. Un poste de directeur de la stratégie et de la culture numérique a été créé, et le groupe de travail des élus sur le numérique a permis de rédiger une feuille de route claire. L’objectif: rendre l’informatique plus autonome, plus documentée et plus contrôlable par la collectivité elle-même.

Une réalité marquante est le recours à des compétences internes renforcées. Depuis septembre 2023, l’équipe compte des profils « furieux » maîtrisant l’installation, la maintenance et la documentation d’un écosystème open source. Désormais, 10 postes interconnectés et environ 8,5 équivalents temps plein composent la DSI, avec une intensification notable des usages open source dans l’ensemble des services.

Ce que cela change pour le fonctionnement et le budget

Le passage au libre n’est pas seulement un changement d’outils : il transforme l’architecture organisationnelle et les pratiques. L’expérience d’Échirolles montre que les logiciels libres peuvent être aussi ergonomiques que leurs équivalents propriétaires. Cela dit, le déploiement s’appuie sur une refonte du système, notamment le monitoring, la documentation et la gestion centralisée des actifs, afin d’éviter les effets d’aiguillage et de perte de connaissance lors des migrations.

  • Économies budgétaires sur le long terme : environ 350 000 euros par an, soit près de 2 millions d’euros sur le mandat pour 1 500 PC et 1 000 agents.
  • Multiplication des solutions libres déployées entre 2021 et 2025, avec une meilleure couverture fonctionnelle pour les agents.
  • Transition progressive des postes, évitant les incidences majeures sur les activités quotidiennes et privilégiant la continuité du service.

La circulation des outils passe par une étape d’incitation avant que chacun puisse choisir librement entre Linux et Windows, selon les postes et les métiers. Aujourd’hui, environ 10 % des PC tournent sous Linux, et l’objectif est d’élargir cette proportion sans bouleverser les habitudes des agents.

Limites et défis : ce qui reste à régler

Les projets libres ne remplacent pas tout de suite certains logiciels métiers. Pour la paie, les finances et l’état civil, des solutions propriétaires demeurent indispensables, faute d’alternatives libres suffisamment matures ou adaptées à l’écosystème français. L’existence d’un collectif comme France Numérique Libre et la coopération entre plusieurs collectivités montrent toutefois une dynamique pour développer des solutions spécifiques, financées et maintenues collectivement.

Autre inévitable enjeu: le risque politique. Une majorité pourrait revenir en arrière et remettre en cause le cap, ce qui rend indispensable la consolidation des acquis et la démonstration continue des bénéfices — notamment sur la satisfaction des utilisateurs et la réduction des coûts. La démarche d’Échirolles reste donc un équilibre fragile entre l’innovation technologique et la stabilité du service public.

Pour terminer

Ce qui frappe dans ce récit, c’est la combinaison d’un choix technique et d’un volontarisme administratif. Passer aux logiciels libres en mairie est faisable et déjà en cours dans plusieurs communes, mais cela demande une réorganisation, une formation adaptée et une concertation continue avec les agents. Reste à suivre l’évolution des outils métiers libres et les effets concrets sur le fonctionnement quotidien des services publics.

Source : entretien avec Nicolas Vivant, directeur de la stratégie numérique à Échirolles.

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