UE contre Meta et Google : de nouvelles mesures contraignantes L’UE intensifie sa régulation des géants du net, notamment sur WhatsApp et le partage de données des moteurs de recherche.
Les mesures européennes contre Meta et Google prennent une nouvelle tournure, avec la Commission européenne renforçant son action contre Meta sur l’accès des assistants d’IA tiers à WhatsApp et ouvrant des pistes de régulation pour Google autour du partage des données de son moteur de recherche.
Meta et WhatsApp : l’enjeu anticoncurrentiel et l’accès à l’IA
Fin 2025, la Commission européenne avait ouvert une procédure formelle contre Meta sur des pratiques anticoncurrentielles liées à WhatsApp et à l’accès des fournisseurs d’IA à la plateforme. En début d’année, ses conclusions préliminaires ont estimé que Meta avait enfreint les règles de concurrence de l’UE en empêchant les assistants d’IA tiers d’accéder à WhatsApp et d’interagir avec ses utilisateurs.
Meta a enfreint les règles de l’UE en empêchant les assistants d’IA tiers d’accéder à WhatsApp et d’interagir avec ses utilisateurs.
L’Europe se montre toutefois ferme : l’analyse préliminaire pointe des risques similaires, à savoir bloquer l’entrée ou le développement de concurrents dans le marché naissant des assistants d’IA. Dans ce cadre, la Commission a adressé à Meta une nouvelle série de griefs et envisage des mesures provisoires pour limiter les dégâts potentiels pendant l’enquête.
Si ces mesures provisoires devaient entrer en vigueur, elles resteraient en place jusqu’à la fin de l’enquête et obligeraient Meta à modifier certains usages de WhatsApp, afin d’éviter un préjudice grave et irréparable pour la concurrence.
Google et le partage de données : une autre corde à l’arc européen
Parallèlement, la Commission s’intéresse au partage des données liées au moteur de recherche de Google. L’objectif déclaré est d’améliorer l’accès des services concurrents et de favoriser un écosystème plus ouvert. La procédure s’inscrit dans la logique d’un encadrement plus strict des grands moteurs de recherche et d’un renforcement des contraintes autour des données internes.
Le dossier est encore en phase préliminaire, mais l’UE a clairement annoncé son intention d’examiner des mécanismes qui obligueraient Google à coopérer davantage sur le volet des données, notamment au regard des pratiques d’indexation, de comparaison et de transfert d’informations essentielles entre les services.
Ce que cela implique pour les acteurs du numérique
- Mesures provisoires potentielles : si la Commission les juge nécessaires, elles pourraient être appliquées jusqu’à la fin de l’enquête pour contenir les effets préjudiciables sur le marché
- Cadre tarifaire pour les IA tiers : Meta a introduit un cadre tarifaire; l’UE cherche à évaluer si ces conditions excluent ou freinent l’entrée de nouveaux acteurs
- Risque pour l’innovation et l’accès au marché : les décisions cherchent à réduire les obstacles à l’entrée tout en protégeant les consommateurs et les utilisateurs
Contexte, limites et incertitudes
Le sujet n’est pas sans zones d’ombre. Les détails opérationnels restent à préciser, et l’échiquier juridique européen doit concilier la protection des données, la sécurité et la nécessité d’un écosystème numérique dynamique. L’Europe affirme son intention de contenir les effets potentiellement nuisibles des changements de politique, tout en laissant ouverte la question de l’équilibre entre coût, innovation et contrôle.
Pour terminer
La Commission poursuit son enquête et peut imposer des mesures provisoires si nécessaire. Reste à voir comment Meta et Google adapteront leurs politiques et quels compromis l’UE acceptera pour préserver une concurrence efficace dans le secteur.