Pentagone et l’intelligence artificielle : huit fournisseurs retenus Le DoD signe des accords avec huit fournisseurs d’IA pour des opérations classifiées, excluant Anthropic, et pousse l’intelligence artificielle au cœur de la prise de décision militaire.
Le Pentagone met l’intelligence artificielle au service de ses opérations, en signant des accords avec huit fournisseurs pour déployer leurs capacités d’IA dans des contextes classifiés. Anthropic n’en fait pas partie pour l’instant. Ces engagements visent à soutenir l’analyse, la planification et la prise de décision dans des environnements où les données sont hautement sensibles, avec des niveaux IL6 (secret défense) et IL7 (Impact Level).
Huit fournisseurs retenus pour l’IA dans l’armée
Le DoD a signé des accords avec huit fournisseurs de modèles d’IA pour déployer leurs capacités dans des opérations classifiées. On y retrouve OpenAI, Google, Microsoft, AWS (Amazon Web Services), NVIDIA, Oracle, SpaceX (xAI) et Reflection.
Des usages à haut niveau de sécurité
Les modèles pourront intervenir dans des missions IL6, « secret défense », et IL7, niveau le plus sensible, lié à des données opérationnelles en cours. L’objectif : synthétiser des volumes importants d’informations, soutenir l’analyse de renseignement et accélérer la prise de décision en temps réel.
Réactions internes et enjeux éthiques
Chez Google, l’accord a suscité une fronde. Une lettre signée par plus de 560 employés demande au PDG Sundar Pichai de refuser l’usage de l’IA pour des projets classifiés. « Nous voulons que l’IA profite à l’humanité, pas qu’elle soit utilisée de manière néfaste », écrivent les signataires.
- Pression interne : la plateforme de l’entreprise est sollicitée pour les usages militaires.
- Réaction de l’entreprise : Kent Walker affirme que Google travaille avec les ministères de la Défense pour une sécurité nationale « réfléchie et responsable ».
Anthropic, Mythos et le bras de fer sur la sécurité de la chaîne d’approvisionnement
Anthropic a été désigné « fournisseur à risque » par le DoD dans un contexte de tensions autour du projet Mythos, lancé début avril et qui a redonné des cartes au débat sur l’usage militaire de l’IA. Emil Michael, directeur technique du DoD, a déclaré à CNBC que Mythos représente « un moment à part pour la sécurité nationale » et que ce modèle permet d’identifier des vulnérabilités et de les corriger.
GenAI.mil et la réalité opérationnelle
Le DoD exploite déjà l’IA sur le terrain : GenAI.mil, plateforme officielle, est utilisée par plus d’1,3 million de membres du personnel, générant des dizaines de millions de requêtes et déployant des centaines de milliers d’agents en seulement cinq mois.
Pour terminer
Cette stratégie d’élargissement de l’IA dans le secteur défensif montre une accélération réelle, mais aussi des zones d’ombre : dépendance technologique, transparence et cadre éthique restent des points à clarifier à mesure que les outils gagnent en sophistication et en autonomie.