Palantir étend son emprise sur le Pentagone et le système britannique Palantir étend Maven au Pentagone et signe avec la FCA britannique, levant des questions sur souveraineté et usage des données. Palantir est au cœur d’un nouveau chapitre de l’intégration de l’intelligence artificielle dans les rouages de la puissance publique.
Palantir est au cœur d’un nouveau chapitre de l’intégration de l’intelligence artificielle dans les rouages de la puissance publique. Palantir, par le biais de sa solution Maven, voit son logiciel officiellement intégré au Pentagone, tandis que l’entreprise obtient aussi un contrat avec la Financial Conduct Authority du Royaume‑Uni pour analyser des données sensibles. Ce double mouvement illustre la volonté des autorités de s’appuyer sur des plateformes de données massives pour des prises de décision opérationnelles et de surveillance.
Palantir au cœur de la stratégie du Pentagone
Le département américain de la Défense officialise Maven comme programme pérenne, assurant à Palantir l’accès à long terme à sa technologie au sein des forces armées. Le mémo interne signé par le secrétaire adjoint de la Défense évoque une capacité à « fournir les outils les plus récents nécessaires pour détecter, dissuader et dominer [leurs] adversaires » dans tous les domaines. Déjà utilisé par le Pentagone, l’armée israélienne et l’OTAN, Maven exploite des jeux de données massifs pour soutenir la décision sur les terrains, notamment dans la reconnaissance de véhicules ou de cibles observées par drones et satellites.
Selon les informations relayées, le budget global consacré à l’autonomie et aux systèmes autonomes au sein du département de la Défense s’élève à 13,4 milliards de dollars, avec une répartition qui comprend 9,4 milliards pour les drones, 1,7 milliard pour les systèmes maritimes autonomes, 210 millions pour les véhicules terrestres, 7,34 millions pour les capacités sous-marines et 1,2 milliard pour les logiciels de supervision de l’IA.
Une extension au système britannique et dans le secteur financier
Parallèlement, Palantir décroche un accord avec la Financial Conduct Authority (FCA) pour analyser, lors d’une phase d’essai, ses données et lutter contre la criminalité financière. Le Guardian indique que l’essai prévoit une rémunération d’environ 30 000 livres par semaine. Cette collaboration survient alors que des députés britanniques évoquent des questions de souveraineté et la prudence nécessaire face à une dépendance accrue vis‑à‑vis d’acteurs privés dans des systèmes gouvernementaux.
Au Royaume‑Uni, le recours à la plateforme de données fédérées de Palantir ne se limite pas à cette expérimentation. L’entreprise a déjà remporté un contrat avec le NHS en 2023, un sujet controversé dans l’Hexagone et au‑delà. Des ONG et des observateurs pointent les risques potentiels d’abus de pouvoir fondés sur les données, soulignant les tensions entre sécurité et protection des libertés publiques. En parallèle, Scotland Yard et d’autres agences ont été signalées comme utilisant des logiciels de Palantir.
Contexte et limites — ce qu’on ne sait pas encore
Le déploiement croisé de Palantir dans des institutions publiques soulève des questions sensibles sur la souveraineté et le contrôle démocratique des données. Les critiques ne tardent pas à rappeler que la technologie peut faciliter des pratiques de surveillance et d’optimisation opérationnelle qui échappent aux garanties habituelles. Le sujet reste particulièrement délicat lorsque des contrats avec des géants privés interviennent dans les domaines sensibles de la sécurité et de la justice économique.
Pour terminer
Le rapprochement entre l’armée américaine, le système britannique et des autorités financières illustre une même logique: s’appuyer sur des plateformes d’intelligence artificielle et d’analyse de données pour gagner en efficacité. Pour autant, les interrogations sur la souveraineté, la transparence et le cadre légal persistent et méritent d’être suivies de près.