PC low-cost : Gartner prévoit la fin de l’entrée de gamme en 2028 Analyse du point de vue Gartner sur le PC low-cost et les enjeux autour de l’entrée de gamme face à la hausse des coûts et des stocks.
Le PC low-cost occupe une place centrale dans la réflexion sur l’évolution du marché informatique. Gartner avance une crise durable et prévoit la disparition, d’ici 2028, des modèles d’entrée de gamme. La thèse est forte et invite à repenser les mécanismes qui soutiennent les prix, les marges et les choix des distributeurs. Mais cet avis doit être confronté à la réalité du terrain et à des dynamiques qui restent encore en partie sous-estimées.
Ce que prévoit Gartner et ce que cela implique
Selon le cabinet, le secteur des PC traversera une période de tension prolongée entre 2026 et 2028, non pas à cause d’un obstacle technique majeur, mais d’un déséquilibre persistant entre coûts des composants et stocks disponibles. La mémoire vive et le stockage connaissent des hausses qui ne devraient pas se normaliser rapidement, ce qui rend les ordinateurs d’entrée de gamme peu rentables pour les fabricants. Gartner estime que le segment entry-level sous 500 USD deviendra non viable d’ici 2028.
“This sharp increase removes vendors’ ability to absorb costs, making low-margin entry-level laptops nonviable. Ultimately, we expect the sub-$500 entry-level PC segment will disappear by 2028.”
En clair, les coûts croissants ne seraient pas entièrement absorbés par les volumes, ce qui pousserait les prix au-delà de 500 $ et orienterait les fabricants vers des modèles plus haut de gamme, plus profitables. Cette logique repose sur un calcul simple mais qui ne rend pas compte des capacités d’ajustement rapide observées sur certains segments du marché.
Des mécanismes d’adaptation et des contre-exemples
Le marché des mini-ordinateurs et des barebone illustre une réponse pragmatique à la hausse des coûts. Des constructeurs comme Geekom proposent des MiniPC autour de 400 € en configuration moderne, puis ajustent mémoire et stockage selon les périodes et les stocks disponibles. Lorsque les composants se raréfient, des variantes avec des puces plus anciennes réapparaissent et permettent de maintenir une offre accessible sans rompre l’équilibre du rayon informatique dans les grandes surfaces.
Les distributeurs restent dépendants du prix d’appel pour générer du trafic et financer la vente des accessoires et services (écrans, périphériques, garanties). Le « prix d’appel » devient alors un levier crucial, même si la marge constitutive se réorganise autour d’offres complémentaires et de services. Dans ce contexte, certains modèles low-cost continuent d’exister, surtout lorsque les marques adoptent des stratégies de coût et de modularité adaptées aux circuits de distribution.
Contexte, limites et ce qu’on ne sait pas encore
La thèse de Gartner suppose une homogénéité du marché qui n’existe pas en pratique. Des segments comme les MiniPC démontrent qu’il est possible d’orchestrer des modèles plus économiques en évitant les coûts intégraux de mémoire et de stockage, tout en offrant des performances suffisantes pour une part significative des usages. En parallèle, des exemples récents montrent que certains fabricants, y compris des grandes marques, explorent des variantes tarifaires autour de 599 € pour des publics étudiants ou domestiques, afin de contenir la hausse globale des coûts sans renoncer à l’accessibilité.
Autre point important : l’effet de la tarification Apple et d’autres stratégies sur le long terme. Si des solutions autour de 600 € existent chez d’autres acteurs, cela ne signifie pas nécessairement une extinction du PC Windows d’entrée de gamme, mais cela peut impacter la dynamique des prix et les choix des consommateurs et des entreprises.
Pour terminer
Le PC low-cost n’est pas condamné à disparaître du jour au lendemain, mais son équilibre est en train d’évoluer. Les fabricants et les distributeurs devront combiner des offres barebone, des configurations modulables et des services pour préserver une présence “à bas coût” sans sacrifier leur modèle économique. Reste à observer comment les marges, les stocks et les stratégies de tarification vont converger dans les années qui viennent, et si de nouvelles solutions techniques permettront de maintenir des entrées de gamme pertinentes malgré la hausse des coûts.