Au CERN: antimatière dans un camion, étape historique Le CERN transporte 92 antiprotons dans un camion à travers une démonstration BASE, ouvrant la voie à des mesures d’antimatière plus précises.
Le CERN a tenté d’ouvrir la voie au transport d’antimatière au CERN dans un camion, une étape qui remonte à une promesse faite il y a cinq ans avec deux expériences destinées à déplacer de l’antimatière dans une camionnette. Aujourd’hui, l’expérience BASE a franchi une étape clé en transportant un piège rempli d’antiprotons à travers le site principal.
Une démonstration concrète du transport d’antimatière au CERN dans un camion
Dans le détail, l’expérience comprend un nuage de 92 antiprotons dans un piège de Penning cryogénique portatif. Le dispositif est ensuite déconnecté de l’installation, chargé dans un camion et transporté pour poursuivre les mesures une fois sur place. L’ensemble pèse 1 tonne et peut passer des portes standards de laboratoire.
Concrètement, l’expérience a été réalisée sur le site principal du CERN avec le dispositif sortant de l’installation, puis remonté au laboratoire pour assurer la poursuite des essais après le transport.
Ce que cela implique et les défis techniques
Le CERN rappelle que l’antimatière est difficile à conserver, car elle s’annihile au contact de la matière. Cette démonstration est décrite comme une première mondiale par l’équipe du BASE, et elle ouvre la voie à des déplacements plus importants à travers l’Europe.
« l’antimatière est très difficile à conserver, car elle s’annihile au contact de la matière »
L’objectif est de transporter des antiprotons vers d’autres laboratoires, notamment l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf, pour réaliser des mesures de très haute précision sur l’antimatière.
Pour atteindre Düsseldorf, il faudrait envisager un trajet d’au moins huit heures. Christian Smorra, chef du projet BASE-STEP, rappelle que « cela signifie que l’aimant supraconducteur du piège devra rester à une température inférieure à 8,2 kelvins pendant tout ce temps. Donc, en plus de l’hélium liquide, il nous faudrait un groupe électrogène pour alimenter un réfrigérateur cryogénique dans le camion. Nous étudions actuellement les possibilités ».
« cela signifie que l’aimant supraconducteur du piège devra rester à une température inférieure à 8,2 kelvins pendant tout ce temps. »
Une fois cette étape franchie, le défi le plus important sera de transférer les antiprotons jusqu’à l’expérience sans qu’ils disparaissent. Les scientifiques estiment néanmoins que ce déplacement pourrait permettre des mesures de l’antimatière avec une précision au moins 100 fois supérieure, selon Stefan Ulmer, porte-parole de l’expérience BASE.
« une précision au moins 100 fois supérieure »
Pour terminer
Cette démonstration marque une avancée technique dans le maniement et le déplacement d’antimatière. La suite dépendra de la réussite du transport jusqu’à Düsseldorf et des résultats obtenus lors des mesures de précision.