Emails des mairies : 30 millions sous solutions américaines Une carte révèle comment les mairies françaises s’appuient majoritairement sur des solutions américaines pour les emails, avec des implications en matière de souveraineté. La souveraineté des emails des mairies est un enjeu crucial à l’aube des élections municipales.
La souveraineté des emails des mairies est un enjeu crucial à l’aube des élections municipales. En France, près de 30 millions d’habitants dépendent des solutions américaines pour leurs communications électroniques, avec une répartition marquée entre Orange dans les zones rurales et Microsoft dans les villes, ce qui soulève des questions sur la maîtrise des données et la continuité des services publics.
Qui domine l’usage des emails dans les mairies ?
Les fournisseurs ne se répartissent pas de façon homogène. Orange reste présent comme fournisseur d’emails dans environ une mairie sur deux, principalement en milieu rural, tandis que Microsoft est plus présent dans les grandes villes et touche une part significative de la population urbaine. Google et Amazon prennent également une place importante, notamment en matière d’outils collaboratifs et de services de courrier.
Carte interactive et sources open data
Pour l’analyse, les auteurs s’appuient sur des données publiques et ouvertes. Les bases issues de data.gouv.fr — l’Annuaire de l’administration – Base de données locales et Public.gouv.fr / DILA — listent les mairies et leurs coordonnées et, selon les fiches, l’email de contact. La population des villes provient de l’Insee (2021).
Le travail a aussi utilisé des outils tels que le MX Check de Jurgen Gaeremyn et des tracés GeoJSON de Grégoire David pour positionner les communes. Une carte interactive permet de visualiser, ville par ville, le fournisseur d’emails et le nombre d’habitants, avec des modes de vue par ville, département, région et par population.
Ce que cela implique pour les mairies et les citoyens
Plusieurs enseignements se dégagent :
- Exposition des données : les résultats montrent une forte dépendance vis-à-vis des acteurs américains dans le domaine des emails publics, avec des implications possibles sur la souveraineté et la sécurité.
- Répartition géographique : les zones rurales privilégient Orange, les grandes villes Microsoft, ce qui peut influencer les coûts, la sécurité et la pérennité des services.
- Limites des données : certaines communes manquent d’email de contact référencé et des adresses peuvent être mal localisées dans les données publiques, ce qui nécessite une vérification continue.
Limites et ce qu’on ne sait pas encore
Le cœur de l’analyse repose sur des jeux de données publics qui ne décrivent pas les contrats réels ni les garanties de sécurité associées. Les erreurs géographiques et l’absence systématique d’un email de contact pour toutes les mairies montrent qu’il faut continuer à mettre à jour les bases et à clarifier les choix de souveraineté des données.
Pour terminer
En définitive, la question va au-delà de la technique: elle porte sur la capacité des mairies à assurer des communications publiques fiables tout en maîtrisant l’endroit où les données résident et qui y accède. Il faudra suivre l’évolution des offres publiques et les initiatives locales visant à privilégier des solutions plus souveraines. Personnellement, je pense que la transparence et la robustesse des garanties restent les meilleurs indicateurs de progression.