Drone Guardian : Orange Business lance la lutte anti-drones as a service Orange Business présente Drone Guardian, une offre LADaaS pour détecter, identifier et classer les drones sur des sites sensibles en France et en Europe.
La lutte anti-drones as a service est en train de prendre forme avec Drone Guardian, la solution d'Orange Business qui vise à détecter, identifier et classer les intrusions dans l'espace aérien bas altitude, en France et en Europe.
Drone Guardian, une offre européenne de lutte anti-drones en mode service
Ce projet est porté par la direction Défense et Sécurité d’Orange Business, créée il y a moins d’un an. Pour Orange, la hausse des drones civils et de leurs usages malveillants justifie une offre dédiée destinée aussi bien aux institutions publiques qu’aux acteurs privés.
Drone Guardian a pour objectif de détecter, d’identifier et de classer les drones intrusifs dans l’espace aérien basse altitude, avec une capacité d’extension en Europe. L’offre cible les opérateurs d’importance vitale (OIV), les opérateurs de services essentiels (OSE), les organisateurs de grands événements et les institutions publiques.
Pour la détection, Orange mobilise son réseau de 19 700 sites TOTEM (TowerCo détenue à 100 % par l’opérateur et lancée en 2021). Les tours passives servent de supports stratégiques pour les capteurs de détection, ce qui permet d’étendre la portée de la surveillance et d’améliorer la détection sans que chaque client ait à déployer sa propre infrastructure.
Les capteurs seront combinés à un logiciel de Command & Control (C2) pour former une technologie capable de repérer, identifier et classifier les drones, y compris dans les environnements urbains et perturbés. Orange s’appuie aussi sur sa plateforme cloud souveraine certifiée SecNumCloud 3.2 et sur une couche d’intelligence artificielle avec des jumeaux numériques pour enrichir l’analyse des données issues des capteurs.
Drone Guardian est proposé sous forme d’abonnement, afin d’obtenir une information de détection en temps réel. Les tarifs n’ont pas été communiqués.
À l’AFP, Nassima Auvray, directrice Défense & Sécurité d’Orange Business, précise que de nombreux acteurs sont intéressés, notamment des grands industriels et des opérateurs publics, et que des pays d’Europe de l’Est ont exprimé un fort intérêt. La proximité avec la Russie et la guerre en Ukraine est évoquée comme un élément contextuel.
Comment ça marche : capteurs, IA et 5G
Orange, en complément de capteurs locaux, exploite la notion de détection multi-capteurs et indique que trois sites TOTEM équipés pourraient offrir une capacité de détection comprise entre 6 et 20 km chacun. L’approche s’appuie sur l’utilisation des signaux radio, via le concept ISAC (Integrated Sensing and Communications), pour étendre la détection à une large partie du territoire.
« L’ISAC permet de percevoir et d’analyser l’environnement à l’aide des signaux radio utilisés pour la communication », précise Frédéric Launay, professeur à l’université de Poitiers. « Ce concept est apparu dans la R.16 et des faisabilités sont présentées pour la 6G. »
Sur le plan technologique, l’utilisation de la 5G comme radar distribué est présentée comme un pilier possible de la détection à grande échelle. Ericsson a par ailleurs annoncé des usages similaires autour de l’ISAC pour la détection et la localisation spatiale d’objets via les réseaux mobiles, ce qui fait écho au positionnement d’Orange comme complément technologique pour la sécurité des UAV et de l’espace aérien.
Pour l’avenir, les experts soulignent que l’ISAC ouvre des perspectives de surveillance avancée — détection de personnes, d’objets ou de véhicules, et même gestion du trafic — qui pourraient être exploitées dans des applications civiles et industrielles, tout en posant des questions sur la confidentialité et le contrôle des données.
Contexte et limites : ce qu’on sait et ce qu’on ignore encore
Les survols de drones en Europe — et en France — se multiplient depuis plusieurs mois, dans des contextes civils et sécuritaires. En 2024, l’armée de l’Air et de l’Espace a assuré la lutte anti-drones lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, avec des systèmes de détection et de brouillage, sans détails techniques publiés. Ces usages militaires historiques trouvent aujourd’hui des relais dans le secteur privé et chez les opérateurs privés qui cherchent à sécuriser des lieux sensibles et des infrastructures critiques.
La question demeure celle du coût, de la couverture et de l’efficacité en conditions réelles, ainsi que des limites techniques liées à l’environnement urbain et à la densité de capteurs. Si les sites TOTEM offrent une capillarité interessante, la réussite opérationnelle dépendra de l’intégration fluide entre capteurs, C2 et plateforme cloud, ainsi que de la gouvernance des données.
Pour terminer
Drone Guardian illustre une tendance où sécurité, intelligence artificielle et réseaux mobiles se conjuguent pour protéger l’espace aérien et les installations critiques. Le dossier demeure en évolution, avec des retours d’expérience à venir sur les coûts, les performances et l’adoption par les opérateurs en Europe.
- Détection : capteurs sur TOTEM et usage possible de la 5G comme radar.
- Identification : logiciel C2 et IA pour cataloguer les drones.
- Couverture : réseau TOTEM et extension européenne envisagée.