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Datacenters : 0,1 % chaleur réutilisée en France, 2 % en Europe

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Datacenters : 0,1 % chaleur réutilisée en France, 2 % en Europe La réutilisation de chaleur fatale des datacenters reste faible en France et en Europe, selon le cadre européen 2024. La réutilisation de chaleur fatale dans les datacenters est devenue un enjeu clé de durabilité.

La réutilisation de chaleur fatale dans les datacenters est devenue un enjeu clé de durabilité. En France, un seuil minimal de 20 % est exigé pour la valorisation de cette chaleur, mais les chiffres actuels restent loin de l’objectif. Au niveau européen, la moyenne reste autour de 2 % ou moins, selon le cadre de notation instauré en 2024.

La chaleur fatale — chaleur produite par les serveurs dans les datacenters — peut être réutilisée pour des bâtiments, des réseaux de chaleur ou d’autres usages industriels. Sur le plan environnemental, elle permet d’éviter de « perdre » une énergie déjà consommée et, côté réglementation, elle pousse les opérateurs à publier et standardiser des données sur leurs performances.

Pour faire le point, il faut accepter que les données publiques restent hétérogènes et que l’Ademe et les autorités européennes s’accordent sur des définitions et des méthodes de calcul. En parallèle, le mouvement prend de l’ampleur outre-Atlantique et ailleurs, mais les chiffres restent modestes en l’état actuel des choses.

Comment est mesurée la chaleur réutilisée : ERF et EREUSE

En 2024, la Commission européenne a introduit un système commun de notation des centres de données d’au moins 500 kW. Deux indicateurs clés y figurent :

  • EREUSE : quantité de chaleur réutilisée mesurée à la sortie du datacenter et destinée à être consommée ailleurs.
  • ERF : rapport entre EREUSE et la consommation totale d’énergie du datacenter. Plus le ERF est élevé, plus la chaleur fatale est réutilisée.

Si une partie de cette chaleur est réutilisée localement, elle est déduite de la chaleur fatale réutilisée, et le calcul s’effectue à partir de la consommation énergétique totale du centre de données. Ce cadre permet de comparer les performances entre sites et pays, même lorsque les données publiques ne sont pas encore exhaustives.

État des lieux en Europe et en France

Selon les premières analyses rendues publiques par la Commission européenne, la moyenne européenne de réutilisation de chaleur est inférieure à 2 %. Plus précisément, on estime que environ 1,9 % de toute la chaleur générée dans les centres de données serait réutilisée dans l’UE (un ERF proche de 0,019). En France, les chiffres restent nettement plus modestes, avec moins de 1 % de chaleur réutilisée à ce stade.

Ces chiffres reflètent des données encore imparfaites dans certains pays et la nécessité d’un reporting obligatoire pour permettre un suivi fiable et une comparaison fiable entre acteurs et territoires. En pratique, les projets pilotes et les partenariats locaux se multiplient, mais l’échelle nationale et européenne n’a pas encore atteint les objectifs ambitieux fixés par les autorités.

Ce qu’on sait et ce qu’on ignore encore

Le cadre européen fournit un repère utile pour évaluer les progrès. Toutefois, la disponibilité des données varie selon les pays et les opérateurs. Les premières analyses soulignent une tendance générale: des progrès restent possibles, mais les chiffres actuels indiquent que la récupération de chaleur fatale n’est pas encore devenue une pratique généralisée dans le secteur.

En France, l’objectif officiel demeure ambitieux, avec un seuil de 20 % à atteindre. La réalité opérationnelle dépend de l’installation de solutions de réutilisation locales ou connectées à des réseaux de chaleur, ainsi que de la disponibilité de partenaires et de mécanismes de financement adaptés.

Pour terminer

Le cadre européen de notation et les chiffres préliminaires mettent en lumière un chemin encore long vers une réutilisation significative de la chaleur fatale des datacenters. Le défi porte autant sur la collecte de données que sur la mise en place d’infrastructures et de partenariats pour valoriser cette chaleur. L’avenir dépendra de l’efficacité des obligations de reporting et des projets concrets qui transformeront ce surplus énergétique en chaleur utile pour les réseaux et les bâtiments.

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