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YouTube pose une rustine contre les deefakes des journalistes et personnalités politiques [Revue de Presse]

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YouTube pose une rustine contre les deefakes des journalistes et personnalités politiques [Revue de Presse] Après avoir testé un dispositif anti-deepfakes pour les youtubeurs, la plateforme l’étend à des journalistes, personnalités politiques et représentants de gouvernement.

Cible manquée ?

Après avoir testé un dispositif anti-deepfakes pour les youtubeurs, la plateforme l’étend à des journalistes, personnalités politiques et représentants de gouvernement. L’outil leur promet de détecter les deepfakes d’eux diffusés sur YouTube et qu’ils pourront faire une demande de dépublication.

Il est désormais « très difficile » de détecter les faux contenus multimédias, expliquait récemment l’ANSSI, pour laquelle c’est même « un enfer ». YouTube, qui profitait de l’IA pour retoucher des vidéos sans l’accord de leurs auteurs, veut aussi montrer qu’elle prend la mesure du problème du phénomène des deepfakes facilité par l’IA générative.

Dans un billet de blog, l’entreprise annonce la mise en place d’un outil pour que certains journalistes, candidats politiques ou responsables gouvernementaux puissent bloquer les deepfakes qui les représentent. Pour l’instant, la plateforme de vidéos a créé un groupe pilote de quelques personnalités. Questionné par Gizmodo, YouTube a refusé de communiquer la liste et n’a pas voulu dire si Donald Trump en faisait partie.

Un déploiement déjà existant pour les YouTubeurs

En septembre dernier, la plateforme annonçait le déploiement de cet outil d’abord en direction des youtubeurs. L’entreprise a publié en octobre une vidéo dans laquelle elle explique comment utiliser l’outil qui ressemble à ce que propose la plateforme pour signaler les contenus qui enfreindraient le copyright. Mais ici, il demande de fournir une pièce d’identité avec photo et des selfies vidéos pour que l’outil puisse détecter les deepfakes :

« Cette extension concerne en réalité l’intégrité du débat public », a affirmé Leslie Miller, vice-présidente des affaires gouvernementales et des politiques publiques chez YouTube, lors d’une conférence de presse à laquelle a assisté TechCrunch. « Nous savons que les risques d’usurpation d’identité par l’IA sont particulièrement élevés pour les acteurs de la sphère civique. Mais si nous fournissons cette nouvelle protection, nous faisons également preuve de prudence quant à son utilisation », ajoute-t-elle.

YouTube fournit l’outil qui détecte les deepfakes mais l’entreprise ne s’engage pas à les dépublier si demande est faite. « YouTube protège depuis longtemps la liberté d’expression et les contenus d’intérêt public, notamment en préservant les contenus tels que les parodies et les satires, même lorsqu’ils sont utilisés pour critiquer des dirigeants mondiaux ou des personnalités influentes », affirme l’entreprise. « Nous continuerons à évaluer attentivement ces exceptions lorsque nous recevrons des demandes de suppression ».

Le déploiement international à grande échelle de l’outil devrait arriver d’ici quelques semaines ou mois, selon un porte-parole de l’entreprise cité par Gizmodo.

La problématique des deepfakes est plus large

Si les deepfakes peuvent être un outil de désinformation problématique, comme nous l’évoquions déjà en septembre dernier, c’est l’arbre qui cache la forêt, la plupart des détournements de ce genre ayant un caractère pornographique. Ils peuvent être aussi utilisés à des fins racistes et sexistes contre des personnalités décédées. Ainsi, à la sortie de Sora 2, des vidéos de Martin Luther King, Malcom X ou Whitney Houston les dépeignaient dans des situations dégradantes.

Sur la plateforme de vidéos, on peut aussi trouver nombre de « tutos » pour utiliser Sora 2, Veo 3.1 ou Wan 2.2 pour faire ses propres deepfakes. Et si l’entreprise n’a pas voulu rendre publics les chiffres de suppression de deepfakes signalés par les YouTubeurs, elle avoue que la quantité de contenu supprimée jusqu’à présent était « très faible ».

« Je pense que pour beaucoup [de créateurs], il s’agit simplement d’une prise de conscience de ce qui est créé, mais le nombre de demandes de suppression est en réalité très faible, car la plupart d’entre elles s’avèrent assez bénignes ou bénéfiques pour leur activité globale », affirme le vice-président des produits pour créateurs chez YouTube, Amjad Hanif, cité par TechCrunch. À voir si les journalistes et politiques faisant partie des happy few qui ont accès à l’outil en auront une utilisation plus intensive.