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Vérification des faits : les amateurs se trompent plus souvent

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Vérification des faits : les amateurs se trompent plus souvent Une étude ARCOM montre que ceux qui se pensent aptes à vérifier les infos se trompent souvent, révélant un écart entre perception et réalité. Le vérification des faits n'est pas un pari, mais un processus exigeant.

Le vérification des faits n'est pas un pari, mais un processus exigeant. Selon une étude de l’ARCOM publiée en 2026, 60 % des Français pensent savoir identifier les fausses informations, alors que 23 % seulement des autres Français se croiraient capables de le faire. Plus surprenant encore, 23 % des personnes qui se savent aptes à vérifier les informations ont en réalité identifié les sept fausses informations présentées, contre 19 % chez celles qui s’estiment incapables. Ces chiffres montrent que l’auto-évaluation n’est pas un indicateur fiable de performance dans le domaine du fact-checking.

Dans le détail, l’étude, menée auprès de 2 000 individus en ligne entre le 14 et le 26 novembre 2025, repose sur un questionnaire d’environ 25 minutes et a été élaborée avec l’appui de sept chercheurs universitaires et de trois professionnels du fact-checking, en partenariat avec l’agence VIGINUM chargée de lutter contre les ingérences numériques étrangères. L’objectif est de comprendre comment le public perçoit et réagit face à la désinformation dans un paysage informationnel de plus en plus complexe.

Ce que révèle le sondage sur les perceptions et les comportements

Plus largement, les résultats montrent une certaine conscience du risque posé par la désinformation, mais une diversité importante selon l’âge et le profil socio-économique. Par exemple, 79 % estiment que la désinformation présente un risque pour la démocratie, avec 48 % la jugeant « fort », et 31 % « très fort ». Ce sentiment varie: 38 % des personnes de 60 ans et plus perçoivent un risque très fort, contre 26 % chez les moins de 45 ans et 25 % chez les CSP-.

  • Impact sur la confiance : 92 % estiment que la désinformation dégrade la confiance dans les médias, 89 % dans les institutions, et 79 % dans les résultats des élections.
  • Conséquences sociétales : elle est associée à des comportements jugés dangereux pour la santé et peut alimenter le racisme et les discriminations. Enfin, 60 % estiment qu’elle freine la lutte contre le réchauffement climatique.
  • Volonté d’action : 80 % jugent indispensable de lutter contre les fausses informations, avec une dépense d’énergie civique plus forte chez les plus âgés (89 % chez les plus de 60 ans) que chez les moins de 45 ans (74 %).

Des comportements à surveiller et les limites

Autre enseignement, près d’un tiers des sondés a déjà partagé une fausse information, et 34 % admettent ce comportement. Parmi eux, 25 % l’ont fait en sachant qu’elle était fausse. Cette proportion grimpe à 45 % chez les 18–24 ans, et à 41 % chez les personnes qui s’informent surtout sur les réseaux sociaux. En décryptant les intentions, 76 % pensaient initialement que le contenu était vrai, 24 % savaient qu’il était faux, et ce taux atteint 32 % chez les 18–24 ans.

Au-delà des chiffres, l’étude souligne des limites méthodologiques. Il s’agit d’un sondage en ligne, avec une auto-évaluation des capacités de vérification et des réponses auto-rapportées. Le niveau de littératie médiatique, l’accès à des sources fiables et le contexte informationnel influencent fortement les résultats. L’ARCOM appelle à poursuivre les travaux et à renforcer les pratiques de vérification, sans dramatiser la capacité individuelle à discerner le vrai du faux.

Pour terminer

La réalité est complexe: croire en sa propre compétence ne protège pas automatiquement contre les erreurs. Le phénomène souligne l’importance d’un effort collectif pour améliorer l’éducation aux médias, les outils de vérification et les pratiques journalistiques, afin que chacun puisse naviguer plus sereinement dans un flux d’informations varié et parfois trompeur.

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